Selon la procureur générale de la CPI, l’organisation Etat islamique a fait plus de victimes que les autres belligérants actifs en Libye, même si toutes sont responsables de « crimes à grande échelle« .

Dans une allocution devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, Fatou Bensouda, la procureur générale de la CPI est revenue sur la situation en Libye, expliquant que « le nombre de victimes civiles attribuées à l’organisation Etat islamique et à ses alliés a été constamment plus important que ceux d’autres auteurs dans la période considérée« .

Selon le rapport de la CPI sur la Libye, 634 incidents différents ont été enregistrés avec 1539 « morts violentes » à la clé. Durant l’année en cours, 60 personnes (uniquement des civils) ont perdu la vie chaque mois.

« Crimes à grande échelle »

Parmi les 37 attentats-suicide commis cette année en Libye, 27 sont attribués au groupe État islamique (EI), a rapporté Fatou Bensouda. Les militants du groupe EI exécutent des Libyens pour des « activités associées à l’espionnage, à l’homosexualité ou au militantisme », a-t-elle déclaré. Les attaques de l’organisation EI se sont concentrées sur les localités de Derna et Syrte.

Par ailleurs, Fatou Bensouda a tenu à rappeler que tout comme le groupe EI et ses alliés, l’armée nationale libyenne, la coalition islamiste Libya Dawn ainsi que des « acteurs internationaux » s’étaient rendus coupables d’attaques contre des civils. « Des crimes à grande échelle, y compris ceux tombant sous la juridiction de la CPI, sont perpétrés par toutes les parties prenantes du conflit » a affirmé la procureur générale de la CPI.

Transfert de Saïf al-Islam Kadhafi

Fatou Bensouda a par ailleurs réitéré la volonté de la CPI de juger Saïf al-Islam, le fils deMouammar Kadhafi. « Les autorités libyennes sont dans l’obligation légale d’agir ainsi« , (de le transférer à la CPI, ndlr.) a-t-elle expliqué.

Le 28 juillet 2015, Saïf al-Islam et Abdullah al-Senussi (Service des renseignements militaires) ont été condamnés à mort par la justice libyenne pour les crimes perpétrés durant la répression de la révolte de 2011.